Douce France, à découvrir sur deux roues

Par Philippe Degouy

Réalisé en partenariat avec France Vélo Tourisme, La Flow Vélo (éd. Hachette) résonne comme une invitation à découvrir la belle France autrement. De façon plus paisible, plus proche des paysages traversés. Une sorte de grande vadrouille sur deux roues.
Le guide, rédigé (en tandem?) par Philippe Gloaguen et Philippe Coupy, propose de partir du Périgord pour rejoindre la côte Atlantique. Cinq itinéraires sont proposés et à choisir selon la force de vos mollets et vos goûts. Prononcés sans nul doute pour les spécialités de la région. Comme les fraises du Périgord, le foie gras, les huîtres… Ou le cognac, à consommer avec modération si vous comptez rejoindre la côte Atlantique sur deux roues.

flow
Un guide pratique et relié avec des spirales, ce qui permet de disposer du guide tout en roulant, simplement posé sur un porte carte. Chaque étape est à suivre sur la carte, avec l’ensemble des curiosités à découvrir sur la route. Les nourritures terrestres et le logis ne sont pas oubliés, avec une sélection de bonnes adresses où se reposer après une belle journée de pédalage. Rien n’est oublié pour assurer le confort du cycliste, pas même le chapitre technique consacré au vélo et qui débute le guide.
Une sacrée balade de quelque 290 kilomètres qui démarre à Thiviers pour rejoindre l’île d’Aix. Comptez une bonne semaine pour rejoindre les deux sites, en passant notamment par Angoulême, Cognac, Saintes, Rochefort ou La Rochelle.

La Flow vélo. Du Périgord à l’Atlantique par la vallée de la Charente. Editions Hachette. Collection Le Routard, 137 pages, 11 euros
Couverture : éditions Hachette

Mystères au Vatican

Par Philippe Degouy

Que se passe-t-il derrière les lourdes portes de la Cité du Vatican? Quels secrets attendent encore une réponse, définitive? Avec Tous les secrets du Vatican (éd. Perrin), le journaliste Bernard Lecomte, spécialiste de tout ce qui touche au Vatican, se propose d’apporter des réponse récoltées au fil de ses enquêtes. Ce sont plus de 34 secrets qui s’ouvrent à notre curiosité. Extraits de la période allant de la naissance du communisme à nos jours.  L’auteur apporte un nouvel éclairage sur des mystères restés longtemps inexpliqués ou entachés d’erreurs historiques.  Comme il le souligne par ailleurs, « la Cité du Vatican n’a toujours pas fait sa glasnost, la transparence n’y est pas de règle et n’y sera peut-être jamais. Deux mille ans d’histoire ont laissé une histoire du Vatican émaillée de zones sombres. » Tout n’est pas inédit dans l’ouvrage, certes, mais ce qui est relaté se voit éclairé sous un jour nouveau.

vatican
Parmi les questions examinées dans l’ouvrage, beaucoup ont le mérite de susciter l’intérêt et d’attiser notre curiosité. Peut-on être catholique et franc-maçon? Comment est mort Jean-Paul I ? Quelle leçon retenir de Fatima?  Des questions qui fâchent aussi. Comme celle liée au rôle joué par le pape Pie XII dans l’exfiltration des criminels nazis après 1945. Qui a couvert les crimes pédophiles à la tête de l’Eglise? Certains sujets quittent parfois la voie religieuse pour déborder sur d’autres thématiques, à la fois historiques et inexpliquées. Comme l’histoire du fameux saint suaire, dont l’authenticité est toujours niée par le Vatican. Un saint suaire conservé à Turin et qui déplace les foules à chaque ostension. « Pour l’Eglise, qu’il soit authentique ou non, le linceul n’est qu’un morceau de tissu. Et on n’adore pas un morceau de tissu. Même s’il a enveloppé le corps du Christ. »

Un ouvrage à lire comme une enquête policière historique, avec ses fausses pistes, ses rebondissements, et qui se referme sur une dernière question. Posée par Bernard Lecomte en guise de conclusion : « Le Vatican saura-t-il abolir définitivement la loi du silence? Dieu seul le sait. »

Tous les secrets du Vatican. Par Bernard Lecomte. Editions Perrin, 608 pages, 25 euros
Couverture : éditions Perrin

Inoubliable Elvis, welcome to my world!

Par Philippe Degouy

Parue en 2015 aux éditions Jungle, cette BD, sobrement intitulée Elvis, mérite d’être redécouverte en cette période où il nous faut puiser dans nos réserves et nos bibliothèques. Un album d’excellente facture, scénarisé par Philippe Chanoinat sur le dessin de Fabrice Le Hénauff. Deux auteurs qui connaissent leur métier et qui n’ont jamais caché leur admiration pour l’héritage culturel des décennies passées. Une superbe BD construite comme un roman graphique. Coup de coeur pour la couverture et le cahier graphique qui referme l’album.
Voici l’histoire de celui qui a incarné le rock’n roll au point d’en devenir le roi : Elvis Presley.  Rock’n roll, un mot inventé par le DJ américain Alan Freed. Pour l’anecdote.
COUVERTUREELVIS
Une légende qui prend naissance en juillet 1954 avec l’enregistrement par le jeune Elvis du tube d’Arthur Crudup, That’s All Right aux célèbres Studios Sun de Memphis.

Un succès public qui va dicter le parcours de ce petit blanc né à Tupelo et qui a incarné le rêve américain à merveille. Parti de rien pour arriver au sommet. Et y rester. Avec des shows restés mythiques, comme celui de 1968 et celui donné à Hawaï en 1973, retransmis dans le monde entier. Elvis qui aspirait à devenir une star de cinéma, n’a laissé que quelques bons films. Un pan de la légende repris également dans cet album qui résonne, page après page, de ses tubes qui ont alimenté la légende.
Le fan y trouve son compte avec un récit tout à la gloire du sujet.

Une question reste en suspens tout au long de la lecture. En 1946, Vernon Presley, père du jeune Elvis alors âgé de 11 ans, lui offre une guitare comme cadeau d’anniversaire à la place du vélo espéré. Sans le savoir, a-t-il transformé un futur champion cycliste en future rock star?

Un album parfaitement documenté, bourré d’anecdotes, et qui rend également hommage à d’autres artistes qui ont peuplé la galaxie du rock’n roll. Connus ou beaucoup moins. Comme Janis Darlene Martin, une rockeuse américaine qualifiée d’Elvis féminin. On retiendra surtout son tube My Boy Elvis.
Le 16 août 1977, Elvis est retrouvé sans vie. « Le King est mort mais il est entré dans la légende pour ne plus jamais en sortir. » Moody Blue sera son dernier disque publié de son vivant.
« I was the One« . Certainement Elvis.

Elvis. Texte de Philippe Chanoinat, dessin de Fabrice Le Hénauff. Editions Jungle, 66 pages
Couverture : éditions Jungle
www.edition-jungle.com

Chronique d’extraterrestres, le retour

Par Philippe Degouy

La crise du Covid-19 a quelque peu bouleversé le calendrier des sorties littéraires. Soit, mais il ne sera pas dit que nous serons privés de lecture. L’occasion est belle de fouiner dans la bibliothèque à la recherche de pépites. Autant de moments de bonheur de lecture à retrouver. Comme ce diamant taillé par Jacques Devos (connu surtout pour la série Génial Olivier) : Chronique d’extraterrestres. Un recueil de 13 récits publié aux éditions Dupuis en 1981.
Un dessin réaliste, délicieusement nostalgique, qui nous ramène aux années d’or du magazine Spirou et aux années 70-80 où le thème SF a livré des oeuvres quasi immortelles, n’ayons pas peur d’user de lieux communs.

Dans ce recueil de nouvelles imaginées par Jacques Devos, le pitch est identique : deux éclaireurs extraterrestres, de forme humanoïde, cherchent une planète idéale. Une quête qui finit quasiment tout le temps par la mort, brutale, des éclaireurs. Découvrir de nouveaux mondes ne se fait pas sans risques pour les aventuriers de l’espace. Comme le précise d’ailleurs le Grand Nautonier qui se désespère de la perte de ses meilleurs éclaireurs : « la conquête de l’espace est un combat qui comporte ses pertes. »
De fait, ces extraterrestres, a priori pacifiques, traversent tous les siècles terrestres et débarquent aussi bien en plein milieu de la Première guerre mondiale que de la Deuxième. Avec une issue tragique à chaque fois.
C’est peu dire que notre belle planète bleue s’avère pour le moins hostile à qui veut la conquérir.

cvt_Chronique-dextraterrestres-Les-Meilleurs-recits-_4778
Coup de coeur pour la nouvelle Le passage de la ligne, où les extraterrestres démontrent une fois encore l’incompatibilité qui existe entre le sodium et l’eau. Amusante également la nouvelle baptisée L’inspiration. Et si une visite de ces fameux extraterrestres avait inspiré Jules Verne pour son roman Vingt mille lieues sous les mers?
Des nouvelles qui témoignent de l’inspiration débordante de l’auteur, avec de solides trouvailles scénaristiques, à découvrir dans ce recueil. Parfait pour raviver des souvenirs de lecture. L’actualité nécessite de se créer de bons moments. Cette lecture en est un.

Chronique d’extraterrestres. Par Jacques Devos. Collection Les meilleurs récits du journal de Spirou. Editions Dupuis, 48 pages
Couverture : éditions Dupuis

 

Bien dormir passe par le lâcher-prise

Par Philippe Degouy

Avec cette pandémie qui suscite inquiétude et angoisse, force est de constater que notre sommeil est souvent rythmé entre insomnies et cauchemars. Nos nuits ne sont plus aussi belles et reposantes.
Praticien en psychothérapie et Youtubeur bien connu, Benjamin Lubszynski publie aux éditions du Rocher Bien dormir ça s’apprend. Une méthode bienvenue pour retrouver les bras de Morphée et y rester la nuit entière. « En réalité, je ne souhaite pas vous aider à dormir, mais je souhaite vous apprendre à dormir spontanément, et à dormir profondément » souligne l’auteur, avant d’ajouter qu' »il vous faudra accepter que l’objectif du livre est d’apprendre diverses méthodes qui vous aideront tout au long de votre vie. Le but du livre est de vous réapprendre à dormir sans avoir besoin de quoi que ce soit. »
Pour y arriver, Benjamin Lubszynski mise  sur l’hypnose, la relaxation, la méditation, le yoga ou ce terme abscons : l’asmr que l’on peut traduire en français par la réponse sensorielle méridienne autonome. Autant de méthodes présentes dans les différents chapitres du livre. Pratique, son ton est ludique et didactique à la fois.
Biendormir
Un livre constitué d’exercices à reproduire chez soi. « L’important est de travailler sur le lâcher-prise et ses propres rythmes de vie. » Une thérapie découpée en semaines, avec au bout de chaque semaine une auto-évaluation à effectuer. Pour constater concrètement les effets positifs des efforts consentis. Deux mois seront suffisants selon l’auteur pour vous réapprendre à bien dormir. Une méthode suivie par des milliers d’abonnés sur Youtube.
Un ouvrage accompagné par un CD d’exercices présentés sous la forme de 10 heures de fichiers audio. Efficaces pour sombrer dans le sommeil. Testés et approuvés. La voix de l’auteur suffit déjà à endormir son auditeur.

Bien dormir ça s’apprend. 2 mois de programme pour retrouver le sommeil. Par Benjamin Lubszynski. Editions du Rocher, 225 pages, 17,90 euros
Couverture : éditions du Rocher

Devenir entrepreneur, un pari osé!

Par Philippe Degouy

Après La Révolution du partage, Alexandre Mars, auteur philanthrope et homme d’affaires, aborde avec ses lecteurs un nouveau tabou : celui d’oser se lancer comme entrepreneur.  En prenant exemple sur sa propre expérience et celle de patrons qui ont tout tenté pour réussir, Alexandre Mars aborde toutes les étapes à franchir pour larguer les amarres du salariat et fonder sa propre société. Le résultat est expliqué dans Ose! Tout le monde peut devenir entrepreneur (éd. Flammarion)
Un document rédigé pour « ces personnes qui rêvent de lancer une entreprise, mais qui n’osent pas. Celles qui ont peur de se tromper, de ne pas y arriver. »
La démonstration livrée par Alexandre Mars vise à éviter qu’une personne puisse se dire un jour « J’aurais dû. » Chacun d’entre nous peut devenir ce patron qui ose. Comme le souligne l’auteur, « la seule compétence exigée d’un entrepreneur est d’être un bon couteau suisse. »

MARS
Un document biographique construit comme un manuel pratique, mais dépourvu du vocabulaire abscons habituel.  Tout est prévu pour mettre le lecteur à l’aise, y compris le tutoiement. Chapitre après chapitre, le lecteur est accompagné par l’auteur dans les différentes phases de son projet. Un auteur qui ne cache pas les difficultés à prévoir, les échecs, avec les siens mis en avant. Le ton de l’ouvrage est celui d’une discussion entre amis, la veste tombée et le ton juste. Optimiste et tourné vers l’avenir. Vers la réussite.  Avec une multitude de conseils de bon sens : comment se faire connaître, où trouver les idées et les fonds, comment déléguer, savoir s’entourer, trouver la force de faire face aux refus…
Des conseils humanistes également, à l’instar de celui-ci : « quand tu lanceras ton entreprise, intègre le bien social dans son ADN. Sois un micro-activiste. »
Un ouvrage qui se referme sur un dernier conseil à retenir. Probablement le plus important : « n’oublie jamais que si tu fais de l’argent une fin en soi, cette fin sera triste et inachevée. »

Ose! Tout le monde peut devenir entrepreneur. Par Alexandre Mars. Editions Flammarion, 256 pages, 18 euros.
Couverture : éditions Flammarion

Et Satan créa Tanâtos

Par Philippe Degouy

En cette période de confinement, idéale pour s’évader par la lecture, l’occasion est belle de (re)découvrir des pépites extraites de la bibliothèque. Comme cette série créée par Jean-Yves Delitte au dessin et Didier Convard au scénario : Tanâtos (éd. Glénat). Du lourd, sans aucun doute. L’histoire en quelques mots (ou un peu plus).

La France, peu avant le déclenchement de la Première guerre mondiale. Les nationalistes, dont les marchands de canon, s’opposent aux visions pacifistes des socialistes menés par Jean Jaurès. Le renforcement militaire de la France est au centre des discussions politiques. Dans l’ombre, un diable d’homme a juré de déclencher le chaos sur l’humanité : Tanâtos, dit le scarabée ou l’homme aux mille visages. Ceux qu’il prend à ses victimes, souvent des hommes politiques sacrifiables, pour leur faire endosser ses crimes : « j’ai une ennemie, la race humaine. Je compte la mettre à genoux à défaut de pouvoir l’éradiquer définitivement. »

Un cerveau fou contre lequel luttent le détective privé Louis Victor et l’inspecteur Bernin.

Tanatos1
Une série solidement charpentée, sans aucun temps mort, avortée après le quatrième tome. En cause, un différend entre les auteurs. Qui prive les lecteurs d’une suite qui s’avérait passionnante après la destruction de Paris sous le feu nucléaire. De Profondis aurait pu dire le criminel.
Qui se cache sous le masque de Tanâtos ? Il est probable que nous ne le saurons jamais. Tanâtos restera comme une symphonie inachevée.  Un poil de chance nous permettra  peut-être de retrouver le scarabée dans de nouvelles sombres aventures. Dans l’attente, la (re)lecture de ces quatre tomes nous garantit de bons moments.

La précision du dessin de Jean-Yves Delitte fait merveille, notamment lors des scènes maritimes, qui justifient une fois encore son titre de peintre officiel de la Marine. L’eau, ce personnage à part entière dans son oeuvre. Vivante et dangereuse. Coup de chapeau aussi à la ménagerie d’engins spéciaux créée par le dessinateur.
Il serait injuste également de ne pas saluer le travail du scénariste. Didier Convard réserve à ses lecteurs de nombreux rebondissements, sur fond d’histoire réelle. Comme la boucherie de la Première guerre mondiale, devenue dans l’intrigue le jouet de l’infâme Tanâtos et une source de profits sans fin. Un criminel qui a toujours un coup d’avance sur la police et qui s’en délecte sans modération.

Une série indispensable.

Tanâtos. Dessin de Jean-Yves Delitte, scénario de Didier Convard. Editions Glénat.

  1. L’Année sanglante. 2. Le Jour du chaos 3. Le Mystère du Lusitania 4. Menace sur Paris.