L’année du centenaire pour Henri Vernes

Aventurier, auteur et créateur du célèbre Bob Morane, Henri Vernes revient sous les feux de l’actualité. Non pour un nouveau roman, mais pour une date anniversaire qui compte. L’auteur de la célèbre saga fêtera ses 100 ans en octobre prochain, plus précisément le 16 octobre.

Henri Vernes a accompagné notre adolescence. La vôtre aussi certainement, avec ses romans d’aventures qui ont fait rêver plusieurs générations depuis les années 50. C’est Bob Morane , héros intègre créé par Vernes qui a donné le goût de l’aventure, des voyages et des principes de vie à des millions de jeunes lecteurs. Et que celui qui n’a jamais lu un roman d’Henri Vernes nous jette à la tête la première bouteille de ZAT 77 (le breuvage préféré de l’ami Bill Ballantine). Mais qui est vraiment Henri Vernes? En guise de complément d’actualité, nous republions notre chronique parue lors de la publication de ses Mémoires aux éditions Jourdan.

Henrivernes
Bien éloigné de la biographie soporifique , ce recueil de souvenirs, bons et moins bons, permet de découvrir l’homme derrière l’œuvre. Le  véritable Henri Vernes, du moins le portrait brut souhaité par l’auteur. Un ouvrage qui se dévore comme le récit d’un oncle éloigné qui raconterait son voyage aux Amériques, un verre à la main. Une fois commencé, force est de constater que son livre ne se laisse pas reposer avant l’épilogue.

Truffé de rencontres, d’anecdotes truculentes. Comme celle relative à son grand-père, son héros. Une nuit plutôt arrosée, le voici qui s’acharne à tuer une araignée présente dans les toilettes à coup de fusil. « Sans doute personne ne l’avait-il fait avant lui et ne le fera après lui. »
À  l’âge respectable qui est le sien aujourd’hui, Henri Vernes a conservé cette tendresse pour ce grand-père original et pour sa grand-mère. Sa bonne-maman. «Ses yeux étaient des opales précieuses que j’aimerais chanter dans un poème qui n’aurait pas de fin. Ma grand-mère fut la sauvegarde de mes premières années, de mon adolescence trouble, mon secours… »

Un amour infini partagé avec sa bonne ville de Tournai, fréquemment citée dans le récit. Malgré ses nombreux déplacements à l’autre bout du monde, Henri Vernes n’a jamais renié son attachement à la ville historique où il a vécu son enfance. Même s’il a vu le jour non loin, dans la riante cité de Ath.

Quant à l’amour, il  occupe une large part dans ses mémoires. Et multiples sont les chapitres dédiés à une femme. « Si jeune que je fus, j’ai toujours été entouré de femmes. Des jeunes filles dont les parfums me parviennent encore sur les effluves du souvenir. » Elles furent nombreuses les femmes de sa vie. Bérénice, Lily, Gisèle, Madame Lou, Cécile…. Où la belle Adèle qui a transformé le petit Henri en homme, le temps d’un soir. Ou la fidèle Mado. Disparue elle aussi. Mais restée bien vivante dans les souvenirs. Comme les amis fidèles ou les rencontres étonnantes. Michel de Ghelderode, Henri Charrière alias Papillon, Consuelo de Saint-Exupéry, Jean Ray ou le scientifique Bernard Heuvelmans, père de la cryptozoologie.

Et Bob Morane dans tout cela ? « Au début (de ses aventures), en décembre 1953, Bob Morane n’était pour moi qu’un travail alimentaire. Aurais-je pu deviner que cela allait continuer durant plus d’un demi-siècle ? J’étais servi par le background de mes lectures d’enfance. Et pour le reste, il me restait l’imagination. » Une production littéraire qui fera sa fortune et surtout celle des éditions Marabout pour qui l’auteur éprouve des sentiments mitigés. Le regret d’une époque révolue maintenant que Marabout appartient à Hachette mais aussi de mauvais souvenirs liés à de sordides questions d’argent.

Aujourd’hui, sa chère Mado, fidèle compagne, est partie, comme le petit chien Dinah et la plupart des (vrais) amis. Que reste-t-il à Henri Vernes?  Ses fidèles lecteurs, des relations, sincères ou pas, et ces pages qui témoignent d’une vie bien remplie.
Immortalisée par des petits souvenirs conservés précieusement par l’auteur. « Autant d’objets qui n’ont de valeur que pour moi et qui, bientôt, n’en auront plus pour personne. Toutes choses futiles qui restent d’une vie. »

Une vie partagée en quelques centaines de pages et plus divertissante qu’un roman. Qui peut se targuer aujourd’hui d’avoir eu une existence aussi remplie que celle d’Henri Vernes alias Charles-Henri Dewisme? Le grand-père littéraire de nombreux gosses devenus adultes, mais  avec cette part de Bob Morane toujours bien présente au fond du cœur.

Philippe Degouy

«Henri Vernes, Mémoires. La vie du créateur de Bob Morane.» Jourdan éditions. 488 pages. 23 euros environ.

Couverture : éditions Jourdan.

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